Catégorie: TIC et RSE

Minimiser les impacts environnementaux et sociaux des TIC

by claudio.fr Email

Les Technologies de la Communication et de l’Information (TIC) génèrent des nouvelles opportunités mais aussi des nouveaux risques pour la poursuit d’un développement durable (DD) (UNDP, 2005).
Avec ce dernier terme, nous faisons référence à « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » (WCED, 1987).
Pour ce qui concerne les besoins essentiels des plus démunis, pour lesquels nous convenons sur leur priorité, l’Organisation des Nations Unies a produit la liste d’Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à atteindre à 2015 (United Nations, 2000). Le WCED nous rappelle aussi que la réponse à ces besoins prioritaires doit s’accomplir selon la capacité de l’environnement. Cette capacité est toutefois largement dépassée, si on croit aux statistiques sur l’empreinte écologique (Global Footprint Network, 2008). En conséquence, nous ne pourrions pas poursuivre un développement durable sans changer nos techniques et notre organisation sociale, afin qu’ils soient compatibles avec la capacité de l’environnement.
Tout acteur social, soucieux à donner une réponse aux besoins actuels et à venir, devrait alors se préoccuper de la compatibilité de son agir avec la capacité de l’environnement.
« L’intégration volontaire des préoccupations sociales et environnementales des entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec toutes leurs parties prenantes internes et externes » définit ainsi la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) (Commission européenne, 2001). Le rôle prégnant que les entreprises jouent dans la conduite des affaires mondiales poussent dépasser ainsi la dimension économique pour couvrir aussi une dimension sociale et une dimension environnementale. Si d’une part, l’entreprise pourrait être vu en tant que parfait bouc émissaire pour supporter tout les poids de la responsabilité, en reportant sur elle tout ce que la société dans sont ensemble aurait du mal à assumer. De l’autre part, l’entreprise semble trouver une certaine satisfaction, car elle se sente légitimée dans ses rôles, prend une part non négligeable dans les décisions à plusieurs niveaux et en tire un avantage concurrentiel en termes de création de valeur (Rosé, 2006).
Parmi les actions que les entreprises peuvent en effet entreprendre pour montrer leur responsabilité sociale, les TIC sont une des principales technologies sur lesquelles s’appuyer pour leur pervasivité.
Les TIC en effet sont en train de changer rapidement le monde, par l’amélioration des leurs performances. La transformation de la société actuelle dans une société de l’information a le potentiel de substituer, au moins partiellement, de l’information aux produits matériels (Lorenz M. Hilty, Seifert, Treibert, & Seifert, 2005). Mais au même temps de cette dématérialisation, la globalisation de l’économie, permit entre autre par les TIC mêmes, stimule la production des produits matériels, la quantité des transports de marchandise et de passagers. En fin, l’innovation continue dans les TIC accélère la dévaluation des compétences, des connaissances et des produits existants pour des nouveaux (Lorenz M. Hilty, Seifert, Treibert, & Seifert, 2005).
Les entreprises, comme tout acteur social, donc contribue, pour le mieux et pour le pire, dans le changement du monde selon le choix des leurs TIC. Et ce choix se fait à 2 niveaux différents : d’une part sur le choix des TIC et d’autre part sur le choix de leur utilisation pour les Systèmes d’Information (SI).
Le choix des TIC peut favoriser (Boudreau, Chen, & Huber, 2007):
• La conception des processeurs et des disques qui consomment moins d’énergie
• Le remplacement des ordinateurs standards par des clients légers plus économes en énergie
• L’utilisation de la virtualisation logicielle a fin de faire fonctionner plusieurs logiciels d’exploitation sur le même serveur
• La réduction de la consommation d’énergie dans les data center
• La réduction des déchets électroniques provenant des équipements informatiques obsolètes
• La promotion du télétravail et de l’administration à distance des ordinateurs pour réduire les émissions liées aux transports.
Au même temps le choix de l’utilisation des TIC pour les Systèmes d’Information (SI) peut favoriser (Boudreau, Chen, & Huber, 2007):
• La réduction de coûts des transports à travers les systèmes de gestion de la flotte d’entreprise et de routage des véhicules.
• La limitation des voyages aériens pour faire travailler ensemble équipes avec employés distribués géographiquement à travers le monde, à travers les systèmes pour le travail collaboratif et les téléconférences.
• La traçabilité des informations environnementales au tour de la création des produits, composants et services, à travers les systèmes de gestion de l’information environnementale.
• L’augmentation de l’efficience dans la gestion des émissions et des déchets à travers les systèmes de monitorat environnemental
• La provision d’information aux clients afin d’augmenter la transparence sur les processus et les ressources mises en place par l’entreprise à travers des systèmes de reporting environnemental
Toutes ces initiatives permettent :
1. De réduire la consommation d’énergie pour faire fonctionner les TIC d’une entreprise et donc prévenir la pollution causée par la production de cette énergie autrement nécessaire.
2. De développer le tri et recyclage des TIC d’une entreprise et donc prévenir la pollution causée par la production des TIC et l’épuisement des ressources minières.
3. De changer les habitudes de travail avec les TIC en remplaçant aux transports physiques la télécommunication et donc prévenir la pollution causée par les voyages et la construction des moyens de transports.
Les entreprises qui démarrent volontairement une ou plusieurs initiatives entreprennent ainsi un chemin de responsabilisation en vers la société qui pourrait nous approcher d’un développement durable. La responsabilité sociale des entreprises serait complète si elles deviendront à la fois éco-efficientes, éco-équitables et éco-efficaces. L’éco-efficience signifie que l’entreprise délivre des biens ou des services à des prix compétitifs, satisfaisant les besoins humains, en augmentant la qualité de vie, en réduisant progressivement l’impact environnemental et les ressources tout au longue du cycle de vie des biens et des services offerts, jusqu’à être compatible avec les capacités de la terre à régénérer les ressources utilisées. L’éco-équité signifie la distribution des ressources naturelles entre différents générations de manière équitable afin que chaque génération puisse satisfaire proprement ses besoins sans empêcher aux générations futures dans satisfaire leurs besoins. L’éco-efficacité signifie que l’entreprise doit arrêter tout processus qui dégrade l’environnement et avoir uniquement des processus où les déchets d’un processus soit la matière première d’un autre processus, en imitant ainsi les processus écologiques naturel.
Un long chemin à parcourir donc se présente pour les entreprises qui veulent devenir responsable envers la société. En plus ce chemin est plein d’obstacles, notamment d’effet de rebond ou paradoxe de Jevons (Jevons, 1865) qui énonce qu'à mesure que les améliorations technologiques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. Donc toute substitution ou optimisation obtenu par les TIC risquent d’être compensé ou surcompensé par une augmentation quantitative qui empêche d’atteindre un développement durable (L. M. Hilty et al., 2006). En conséquence toute solution technique doit être incluse dans une perspective plus large et radicale pour pouvoir espérer de s’approcher d’un développement durable.
Si la priorité aujourd’hui défini par l’Organisation des Nations Unies est l’attente des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à atteindre à 2015 (United Nations, 2000). Les entreprises peuvent utilisée cette liste en tant que cadre de référence opérationnel pour analyser leur contribution au DD (Michael Kuhndt, Geibler, & Herrndorf, 2006). Pouvoir communiquer sur sa propre contribution aux OMD par une entreprise reste un vrai challenge.
D’abord pour réaliser des produits et des services qui vont à l’encontre des OMD, les entreprises doivent mettre en cohérence les objectifs de l’entreprise avec les objectifs sociaux. Elément critique de cette mise en cohérence est l’identification des générateurs de valeur et leur potentiel (selon le Schéma 1 extrait de (M. Kuhndt, Tuncer, & Stöcker, in preparation)).

Un exemple de succès est la Grameen Bank conçue par Muhammad Yunus (Yunus, 2008).
D’autres points de départ pourraient être l’adoption des 10 principes du Global Compact (United Nations, 2004).
Surement pas les entreprises ne pourront pas se débarrasser de leur responsabilité disant que les découvertes scientifiques et technologiques futures permettront de résoudre tous les problèmes. On transférera ainsi une dette non équitable aux générations futures et on ne respecterait pas le principe de précaution, inscrit pour la première fois dans le Protocole de Montréal (United Nations Environment Programme, 1987) et reconnu constitutionnellement en France dans la Charte de l’Environnement (Raffarin, 2004).

Références

Boudreau, M.-C., Chen, A., & Huber, M. (2007). Green IS: Building Sustainable Business Practices. In R. T. Watson (Ed.), Information Systems.
Commission européenne. (2001). Promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises: Commission européenne Direction générale de l’emploi et des affaires sociales.
Global Footprint Network. (2008). Global Footprint Network web site. Retrieved 15-10-2008, 2008, from http://www.footprintnetwork.org
Hilty, L. M., Arnfalk, P., Erdmann, L., Goodman, J., Lehmann, M., & Wäger, P. (2006). The Relevance of Information and Communication Technologies for Environmental Sustainability – A Prospective Simulation Study. Environmental Modelling & Software, 21(11).
Hilty, L. M., Seifert, E. K., Treibert, R., & Seifert, E. K. (2005). Information Systems for Sustainable Development. London: Idea Group Publishing.
Jevons, W. S. (1865). La question du charbon.
Kuhndt, M., Geibler, J., & Herrndorf, M. (2006). Assessing the ICT Sector contribution to the Millennium Development Goals: Wuppertal Institute.
Kuhndt, M., Tuncer, B., & Stöcker, T. (in preparation). Indetifying value drivers for sustainable business development. Wuppertal, DE: Wuppertal Institute.
Raffarin. (2004). Charte de l'environnement. France.
Rosé, J.-J. (2006). Responsabilité sociale de l'entreprise. Bruxelles: Editions de Boeck Unviersité.
UNDP. (2005). UN Millenium Projet 2005: Innovation: applying Knowledge in Development. Sterling, USA.
United Nations. (2000). Development Millenniumm Goal. New Yord: United Nations.
United Nations. (2004). Global Compact. Retrieved 15-10-2008, 2008, from http://www.unglobalcompact.org/
United Nations Environment Programme. (1987). The Montreal Protocol on Substances that Deplete the Ozone Layer: United Nations.
WCED. (1987). Our common future. Oxford: Oxford University Press.
Yunus, M. (2008). Vers un nouveau capitalisme. Paris: JC Lattès.